Je voudrais réagir à cet article sur la communication de crise du groupe Total :
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Les secrets de la com' de crise de Total
Intéressant article dans la dernière livraison de Sécurité & Stratégie, la revue du Club des directeurs de sécurité des entreprises que préside Alain Juillet. On y apprend, sous la plume de...
http://coulisses.blogs.challenges.fr/archive/2012/10/30/les-secrets-de-la-com-de-crise-de-total.html
le point numéro 5 me semble particulièrement intéressant :
Sauver l’image en jouant l'humilité. Total, malgré le périmètre de sécurité autour de la zone, joue la transparence. Un maximum d’images, de faits de vidéos sont communiquées. Avec humilité : « la stratégie consiste à reconnaître avec humilité nos erreurs ».
Selon le Petit Robert, l'humilité est « le sentiment de sa faiblesse, de son insuffisance qui pousse une personne à s'abaisser volontairement en réprimant tout mouvement d'orgueil ».
Nous sommes nombreux à avoir connu des situations difficiles, le mur du réel s'est souvent interposé entre nous et nos désirs, entre nous et nos rêves. L'humilité, nous sommes nombreux à l'avoir apprise en nous confrontant à notre insuffisance, à nos lacunes. De mon expérience, je dirais que les personnes qui réussissent sont souvent humbles ; elles se sont lancées dans une entreprise en ayant conscience de leurs faiblesses tandis que l'échec est souvent dû à l'orgueil. C'est l'échec de l'orgueilleux qui l'oblige à devenir humble, s'il veut, par la suite, réussir. Pour résumer, il est des natures plus humbles qui réussissent souvent, et des natures plus orgueilleuses qui doivent littéralement s'humilier pour apprendre à devenir humble en échouant. Cette expérience de l'humiliation est nécessaire pour l'orgueilleux, mais ceux qui l'ont vécue savent que c'est une expérience difficile à vivre.
Je voudrais ici parler au nom de tous les orgueilleux humiliés, de tous ceux qui ont préjugé de leurs forces, qui étaient certains de réussir et qui ont échoué, de tous ceux qui ont appris l'humilité à leur dépens, au dépens du sentiment qu'ils avaient d'eux-mêmes, de leur fierté ; qui se sont trouvés contraint de s'abaisser volontairement, non pas par grandeur d'âme mais parce que la réalité les obligeait à tirer les conséquences de leur échec pour, enfin, ayant appris l'humilité par humiliation, réussir.
Ce que je voudrais dire tient en une phrase : l'humilité ne se joue pas. Ce n'est pas une apparence de soi que l'on donne aux autres, ce n'est pas un sentiment que l'on joue pour paraître. C'est tout l'enjeu de l'humiliation. Si l'on en reste à jouer l'humilité, c'est à dire à faire comme si on était humble parce que les circonstances de l'échec nous obligent à le faire pour ne pas passer pour un fou n'ayant pas conscience de son échec, c'est que l'on est toujours orgueilleux et qu'en réalité, on n'a rien compris à la leçon qui nous est donné. Il n'y a presque rien de pire pour un orgueilleux que d'être humilié. Il n'y a presque rien de plus difficile pour lui d'admettre qu'il doit volontairement s'abaisser. Un orgueilleux humilié est touché au plus profond de lui-même. Non, vraiment, dans cette circonstance, il ne joue pas l'humilité. Il apprend à devenir humble et cet apprentissage est une véritable souffrance qui implique tout son être, l'idée qu'il se fait de lui-même. Et c'est dans la mesure où il admet son humiliation qu'il devient humble et que l'humilité qui naît en lui le prépare à réussir là ou il a échoué.
Alors oui, bien sûr, on sauve l'image en jouant l'humilité. Mais on n'apprend rien. On reste le même orgueilleux qu'avant, on le devient même encore plus, fier que l'on est d'avoir bien joué l'humilité. L'orgueilleux qui joue l'humilité ne s'humilie pas ; il ne devient pas humble, il fait comme si, et rien ne change ; au contraire, tout empire.
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